Le potager malin

Publié le 14 Novembre 2016

"Pour le déjeuner ou le dîner, il suffit d'aller au potager, devant la maison, pour ramasser des haricots, une salade, des radis ou des tomates. ce sont les plus beaux et les meilleurs légumes du monde. Nous savons d'où ils viennent et c'est nous qui les avons cultivés."

 

Le potager malin aujourd'hui

 

Depuis toutes ces années, le terrain, abandonné, était devenu une friche. Le jardin de Louis, mon grand-père, avait disparu depuis des années. La nature avait repris ses droits, mauvaises herbes, orties, ronces, lierres, mousses s'étaient rendus maîtres du territoire. Depuis 30 ans, sureaux, frênes, épines noires avaient grandis et voilaient les rayons du soleil. Dans un coin, des bambous arrivés on ne sait comment avaient transformé l'endroit en jungle tropicale et lançaient leurs rhizomes et turions à l'assaut du terrain.

La bataille s'annonçait rude !

 

J'ai retroussé les manches, gonflés les muscles, craché dans les mains, affûté haches et serpes pour entreprendre un débroussaillage en règle afin de redonner vie à un lieu chargé de souvenirs et d'émotion. Pierre, Christian, Bernard, des amis, sont venus me prêter main forte quand la charge était trop forte et en à peine deux mois les choses se sont éclaircies. Un espace de près de 700 mètres carrés a été délimité, labouré, hersé et ratissé. Les allées tracées et piquetées ont déterminées cinq zones et l'allée centrale, alignée sur le clocher du village, a permis l'accès au petit ruisseau alimenté par une source provenant de l'ancien lavoir de mes grands-parents.

L'aquarelliste que je suis n'était pas jardinier mais il apprend tous les jours avec humilité et patience. Créer son potager c'est apprendre le cycle des saisons, le temps qui passe, celui qui fait la pluie, le vent, le gel et le soleil.

Pendant quelques mois, j'ai délaissé palettes et pinceaux mais j'ai atteint mon objectif : voir la bonne terre noire de mon enfance recommencer à produire, radis, choux, salades, betteraves, tomates et pommes de terre sans artifices, pesticides ou insecticides. Ici l'épinard stimule la croissance de ses voisins, la capucine attire les pucerons, la carotte et le poireau se protègent mutuellement. Merles, mésanges, pinsons et rouges-gorges sont devenus mes collaborateurs efficaces : la nature, la vraie !

Les feuilles de choux se sont associées au vert et blanc de celles de bettes ainsi qu'au bleuté pastel des artichauts. Quelques touches de rouge des dalhias, du jaune et orange des pompons d'oeillets d'Inde égaient planches de salades ou rangs d'échalotes. Le jardin est devenu tableau vivant et coloré.

Je voulais faire renaître le jardin de Louis, il est devenu "Le Potager Malin de Saint Jean".

 

"Un jardin, même tout petit, c'est la porte du paradis". Marie Angel.

 

Louis dans son jardin

 

 

 

 

 

 

 

Le débroussaillage

le jardin aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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