Des histoires à Saint Jean

Publié le 16 Décembre 2016

A Saint Jean, la maison de Marceline et Louis, certains soirs d'hiver, on se réunissait pour raconter des histoires. Celles qui parlent des ancêtres, de leurs coutumes, de leurs croyances, de leurs bonheurs et malheurs. Ces histoires à raconter battaient au rythme du coeur, à fleur de peau. Elles charriaient des mondes tellement anciens et souterrains qu'elles ont glissé d'une génération à l'autre et resteront toujours présentes tant que durera la vie. Elles font partie de cette tradition orale souvent près de l'histoire, fées lointaines qui errent près des églises, dans les souterrains, le longs des haies, les chemins creux et au bord des fontaines.

Ces histoires racontaient les faits et gestes des héros légendaires d'antan, des dames et seigneurs hôtes de nos châteaux mais aussi les guerres, le travail de la terre, les labours, la tuerie du cochon, les exploits de chasse, les pêches miraculeuses, les secrets du jardin, de la basse-cour, les jeteurs de sorts, les "toucheux" qui conjurent le mal avec leur "main chaude" et des formules magiques, font disparaître furoncles et verrues tandis que certains "chercheurs d'herbes" connaissent les secrets transmis de père en fils ou de mère en fille.

On y parlaient du désenchantement du monde, des moissons, des battages, des vendanges, du comice à venir et du gars Armand qui se balade avec sa baguette de coudrier pour trouver des sources. Il sait dans quelles directions elles coulent, la profondeur et la puissance de leur débit. Mystère !

On y évoquait les mesquineries des maîtres envers leurs fermiers et métayers, des curés qui assuraient le contrôle des âmes, des enterrements et des poivrots piliers des bistrots.

A Saint Jean on faisait des crêpes, des beignets et des tartes aux pommes signés Marceline. Louis grillait des châtaignes et des harengs sur la forge. 

A Saint Jean on a appris la valeur des choses et celle du temps qui passe. On nous a appris que l'on pouvait croire à quelque chose qui était plus fort que nous et que ça fait du bien de croire à ces choses là qui viennent d'on ne sait pas où, de loin. Ca ne se vend pas, ça se transmet comme un trésor.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Yves de Saint Jean

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