J'ai créé les "Vinarelles" (marque déposée)

Publié le 30 Janvier 2017

Promouvoir et protéger le petit patrimoine architectural viticole, telle était la mission que Henri Boillot avait envisagée en créant l'association « Maisons de vignes ». La marraine en était l'écrivain Jeanne Bourin, le parrain, le comédien Dominique Paturel. Henri s'était appuyé sur les travaux de repérage et de classification réalisés par Ginette et André Dupé sur le canton de La Chartre-sur-le-Loir où près d'une centaine de maisons de vigne avaient été localisées.

J'avais trouvé l'idée intéressante d'illustrer ce petit patrimoine, l'aquarelle étant du meilleur effet.

Maison de vigne, vignoble, vin, cave, dégustation, le cheminement est simple et il est riche de découvertes et d'enseignements. C'est ainsi que dans la fraîcheur du tuffeau, on déniche des flacons qui racontent des histoires.

C'est là que j'ai découvert les vins teinturiers dont la richesse en tanins les désigne comme « vin de mâche » puissants qui engourdissent les papilles mais aussi avec lesquels on peut écrire comme avec de l'encre.

C'est ainsi qu'est née l'idée d'illustrer ce petit patrimoine en jouant sur les différences tanniques des vins. Gamay, Cabernet, Côt, Oberlin que j'ai appelé « Vinarelles ».

C'est une marque déposée à l'INPI. Elle m'appartient.

Voici comment Nicolas de Rabaudy, écrivain, critique gastronomique en parlait dans un de ses ouvrages « Brèves aventures d'un gourmet à table » (Editions Hermé).

 

« Le peintre Yves de Saint Jean trempe son pinceau dans le gamay fruité et il dessine sur la toile le pied de vigne d'où est né ce vin rouge- à boire et à peindre. Enfant de la Touraine des Chinon, Bourgueil, Anjou et autres Saumur, arpenteur de la treille hérissée de cabernets francs et de chenins, cépages majeurs, Yves de Saint Jean cherche à transmettre par son œuvre d'aquarelliste des vignes la géographie sereine des terroirs, des crus, des lieux-dits tout au long des bords de Loire où se diffuse « la lumière de notre vie » (Olivier Debré).

Artiste du chevalet et fieffé dégustateur, Yves de Saint Jean peint le vin avec du vin. La palette et le flacon. Le jeu des couleurs sur la toile est dans le verre.

Côt, cabernet, groslot, matrices de vins rouges à la fois tanniques et caressants lui donne l'éventail des couleurs reproduites dans son ouvrage illustré de « vinarelles » - il est l'inventeur de ce mot qui dit tout de son art né des raisins tourangeaux. Les grappes dodues des sites choisis par le vinarelliste se retrouvent sur la toile.

Certains de ces vins à la robe violacée sont appelés « teinturiers », comme s'ils étaient destinés à d'autres usages. Le côt si peu connu, chargé de matière tannique, livre des couleurs proches du violet et l'oberlin, cépage très ancien et interdit, livre des teintes d'encre. Selon le terroir, la parcelle de vignes, le millésime, l'âge des vins, la palette de couleurs pour le pinceau s'élargit – du mauve pastel au vert pomme pour le blanc.

Des vins oubliés dans les caves renaissent à la vie, ils sont lampés à table et les fonds de bouteilles mouillent la plume ou le bambou d'Yves de Saint Jean, le biberonneur au subtil pinceau. Ainsi les vins de Touraine pour le peintre ont deux vies. Ils réjouissent le corps, charment le palais. Au mur du salon, les voici transmués par le doigté du peintre. La bouteille achève sa vie en tableaux : rouges et blancs s'offrent à l’œil ; le vin icône de lui-même dit Jacques Puisais, vaillant chinonais comme Rabelais.

Que de mystères dans l'eau végétale ! La véritable saveur de la terre gît dans le vin, médium de la beauté tourangelle.»

 

Nicolas de Rabaudy est un ami. Il est le critique gastronomique du site d'information www.slate.fr. Journaliste à Paris Match pendant de nombreuses années. Il a également donné des chroniques de restaurants et de vins au Figaro. Il collabore à France Soir, Télé 7 jours et au Guide Hubert.Il a publié de nombreux livres. En 1990, il a reçu le prix Brillat-Savarin pour l'ensemble de son œuvre.

Rédigé par Yvesde sSaint Jean

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