Quand passent les oies sauvages

Publié le 20 Mars 2017

« Quand passent les canards et les oies sauvages à l'époque des migrations, il s'élève une étrange marée, sur le territoire qu'ils dominent. Les oiseaux domestiques comme aimantés par le grand vol triangulaire, amorcent un bond inhabile et qui échouent à quelques pas... Le canard domestique ignorait que sa petite tête fut assez vaste pour contenir des océans, des continents, des ciels, mais le voilà qui bat des ailes, méprise le grain, méprise les vers, et veut devenir canard sauvage...» Antoine de Saint Exupéry

Elles ont survolé le village, dessinant un grand V dans le ciel bleu azur de ce bel après-midi de fin février.

Elles, se sont les oies sauvages. Oies cendrées, rieuses, à becs courts ou bernaches cravant.... Les voici de retour et ça fait chaud au cœur de les voir remonter vers le nord. En passant au-dessus du village et de mon potager leur caquetage annonce les jours meilleurs, chaleur, renaissance, plantes, fleurs et chants des oiseaux...

Elles ont passé leurs vacances d'hiver sous des cieux plus cléments, en Crête, en Grèce où dans ces pays chauds de l'extrémité Est de la méditerranée. Elles retournent maintenant vers la Hollande, le nord de l'Allemagne et les rivages de la mer Baltique. Certaines pousseront jusque dans la toundra, d'autres choisiront comme lieu de villégiature le nord du Royaume-Uni ou l'Islande.

Elles passeront tout l'été à élever de trois à six rejetons tout en picorant herbes, baies et insectes afin de prendre des forces pour le long chemin de retour en septembre.

Un phénomène migratoire complexe.

Mais comment s'orientent-elles ?

Sans GPS ni cartes Michelin, leurs trajets parcourus atteignent plusieurs milliers de kilomètres. Des gens bien informés m'ont dit qu'elles utilisent la trajectoire du soleil et la position des étoiles. Sensibles au champ magnétique terrestre, elles disposeraient d'une sorte de radar embarqué qui se logerait dans leurs yeux et la mandibule supérieure du bec qui leur permettrait de voler par des nuits sans lune ou sous un ciel couvert.

Une foule d'informations seraient gravées dans une sorte de « disque dur interne » hyper sophistiqué dont les hommes sont dépourvus. Elles utiliseraient alors des paramètres tels que des infrasons, la pression atmosphérique ou la force centrifuge.

Transmises génétiquement à des jeunes, ces bases de données affinées lors des premières migrations par imitation et mémorisation permettraient de déclencher une sorte d'horloge interne qui dicte la durée approximative des vols selon des axes prédéfinis.

plus simplement, on pourrait dire qu'en fait, elles sont guidées par l'instinct que le Créateur leur a donné. Ainsi le Dieu suprême déclare dans la Bible à propos des oiseaux migrateurs : « même la cigogne connaît dans les cieux sa saison ; la tourterelle, l'hirondelle et la grue observent le temps de leur arrivée...(Jérémie 8;7)

Un esprit d'équipe

Elles partagent une même direction. Leur vol collectif en forme de V augmente leur efficacité. Ainsi quand le chef de la volée se sent fatigué, il quitte sa place pour se reposer en queue de vol, un autre prend alors sa place. Il n'y a pas de chef, on s'entend pour partager le commandement.

Les oies caquètent tout au long de leur trajet, c'est une manière d'encouragement et de motivation. Lorsque l'on s'encourage, on progresse mieux.

Solidaires, quand l'une d'entre elles est blessée, malade ou fatiguée, on ne la laisse pas seule. D'autres vont venir l'accompagner, la soutenir, l'encourager, la protéger pour lui permettre de rejoindre le groupe.

Ainsi chaque année, ce miracle de la migration se reproduit et ce depuis des millénaires. C'est une joie d'entendre le chant des oies sauvages qui filent vers le grand nord. Notre village fait partie de ce grand spectacle.

Comment ne pas s'émerveiller face à cette beauté de la création !

Rédigé par Yves de Saint Jean

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