LA ROTONDE FERROVIAIRE

Publié le 13 Septembre 2017

A Château-du-Loir lorsque venant du centre-ville vous passez au-dessus de la ligne de chemin de fer, près de la gare, vous découvrez, en allant sur Nogent, un étrange bâtiment construit en arc de cercle : « la rotonde ferroviaire ».

Pour les passionnés de la vie du rail, la rotonde, au sens ferroviaire, est un bâtiment de forme annulaire servant au remisage des locomotives pour en assurer leur entretien entre deux courses.

Quand les chemins de fer de l’État ouvrent la ligne Paris-Bordeaux, le 11 juillet 1886, Château-du-Loir compte déjà un premier dépôt ouvert en 1858 avec une plaque tournante de 5m25.

Le développement rapide du trafic conduit l’État à construire des dépôts plus importants qui permettent d'assurer à la fois, l'entretien, l'approvisionnement en eau et en charbon des machines et les relais sans rupture de trafic. Les motrices de l'époque avaient une faible autonomie. Quand on sait qu'il faut près de 8 heures pour mettre en chauffe une locomotive, il est impensable de laisser les passagers attendre aussi longtemps.

Ces dépôts furent donc installés à intervalles réguliers sur les 585 km de la ligne. C'est ainsi qu'entre Paris et Bordeaux, il y avait également les dépôts de Chartres, Courtalain, Thouars, Niort, Saintes ou Saint-Mariens

La construction de la rotonde fut décidée en 1889 sur un terrain de la commune de Montabon. Les travaux se terminent en 1891. Le bâtiment qui couvre plus de 2500 m² dispose d'atelier, forges, magasins, bureaux, vestiaires, infirmerie, lampisterie, services administratifs. Sa toiture est couronnée sur toute la longueur d'un lanterneau d'évacuation des fumées. Des baies vitrées à l'arrière permettaient un éclairage naturel. Il a compté plus de 500 employés et Château-du-Loir peut s'enorgueillir d'avoir été une cité cheminote. Équipée de 10 voies intérieures sur fosse et d'un pont tournant de 17 m à l'origine puis de 24 m en 1924, la rotonde a reçu jusqu'à 85 locomotives.
 

Bombardée en 1944, elle va voir son activité déclinée après la seconde guerre mondiale. Elle cesse de fonctionner réellement en 1954 et va servir brièvement de dépôt d'engrais et de lieu de réparation de wagons. Elle est l'un des rares sites de ce type en France à présenter une configuration proche de l'origine avec un embranchement direct aux voies existantes.

Abandonnée, la rotonde a subi le poids des ans et tous les équipements intérieurs ont disparu. Elle est sauvée de la destruction, programmée par la SNCF, par un particulier qui l'achète en 2009. Une association, Rotonde Ferroviaire du Val de Loir (RFVL) http://rfvl.over-blog.com/, a pris le relais et permis l'inscription des lieux à l'inventaire des Monuments Historiques en 2010. Son but : préserver l'intégrité et encourager la réhabilitation du bâtiment. Désormais une poignée de bénévoles sous la férule de Bruno Duru, le président de l'association, consacre temps et énergie à des taches de nettoyage, de réparation et d'installation de matériel. Désormais wagons, draisines, locomotives y sont hébergés mais il reste tant à faire encore que toutes les bonnes volontés sont acceptées.

La rotonde fait partie de notre patrimoine

 

Rédigé par Yves de Saint Jean

Publié dans #patrimoine

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