LA FETE DE LA TOUSSAINT

Publié le 29 Octobre 2017

 

« La Toussaint met l'hiver en train » dit le dicton.

 

Ciel bas, jours plus gris, retour du froid et des brouillards, les deux premiers jours de Novembre sont marqués par des cérémonies et des coutumes qui s'accordent avec la mélancolie et le souvenir.

 

La fête de la Toussaint est une solennité célébrée le 1er novembre en l'honneur de tous les saints connus et inconnus. Le 2 novembre est la fête de tous les défunts, sans distinction, héritée des moines irlandais et des traditions celtes. Selon certains historiens, cette période consacrée au souvenir des morts et à la spiritualité (et le choix de l’Église d'y consacrer le début du mois de novembre) serait un héritage de Samain, une ancienne fête religieuse celte marquant le début de la saison « sombre ». En Irlande, certains moines auraient transformé le culte ancien en rituel catholique au moment de la conversion de l'île, au Moyen-Âge. Déguisements et feux servaient à retrouver la paix avec les esprits.

 

La célébration de la Toussaint, fête chrétienne, le 1er novembre est apparue en occident vers le

VIII ème siècle lorsque le pape Grégoire III dédia en l'honneur de tous les saints, une chapelle de la basilique de Saint Pierre de Rome et c'est le pape Grégoire IV qui ordonne vers 835-837 que cette fête soit célébrée dans le monde entier.

Cette décision aurait entériné la Toussaint le 1er novembre. « Louis le Pieux » dit « le Débonnaire » aurait alors institué, sur les conseils de Grégoire IV, la fête de tous les saints sur tout l'empire carolingien.

Dès le IX ème siècle, la célébration de la Toussaint fut suivie d'un office des morts. Ce sont les moines de Cluny qui instituèrent en 998 une fête des trépassés le 2 novembre qui entra dans la liturgie romaine comme commémoration des fidèles défunts au XIII ème siècle. Le pape Pie IX en fera une fête d'obligation en 1914. Le culte des morts reste cependant massivement célébré le 1er novembre.

 

Dans la réalité, les deux jours se confondent du fait qu'en France le 1er novembre, jour de la Toussaint, est un jour férié. L'usage s'est alors institué de venir commémorer les morts ce jour là au lieu du 2 novembre.


 

Coutumes et traditions anciennes

Autrefois, cette période était accompagnée de nombreux symboles, coutumes et traditions. Elle marquait la fin des labours, des battages, des pâturages en plein air et des semailles. Elle était propice au règlement des fermages et même au déménagement des fermiers et métayers qui ne devaient pas laisser le feu s'éteindre lors de leur départ car trouver le feu allumé en entrant dans une maison était signe de bonheur.

On ne devait pas se livrer à des réjouissances et il valait mieux empêcher les enfants de s'amuser et de faire du bruit. Il ne fallait pas entreprendre de lessive parce que le mort est enveloppé du linceul, ni remuer la terre qui est le travail du fossoyeur, ni cuire le pain qui serait entaché d'impuretés. Partir en voyage était déconseillé ainsi que sortir de chez soi la nuit du 1er novembre car les morts s'y promènent en liberté et que les âmes rôdent. Cette nuit là s'abolit la frontière qui sépare le monde des vivants de l'au-delà, les vivants ont alors accès au royaume des ombres et les âmes viennent en visite.

Il était conseillé de ne pas éteindre les chandelles dans la pièce principale avant d'aller se coucher, de laisser à manger sur la table et de laisser brûler le feu dans la cheminée toute la nuit pour que les trépassés puissent se réchauffer.

Les familles faisaient dire des messes, s'habillaient en deuil et se rendaient au cimetière pour y allumer bougies et chandelles symbole de vie heureuse après la mort.

La marguerite des morts

Depuis le début du XXème siècle le chrysanthème « la marguerite des morts » s'est substitué aux bougies déposées sur les tombes. C'est sans doute en raison de sa floraison automnale (essentiellement entre fin octobre et début novembre) qui coïncide avec le célébration de la Toussaint que le chrysanthème, magnifique plante aux couleurs chaudes et lumineuse a fini par être associé au culte des morts. Ce n'est réellement que le 11 novembre 1919, pour le premier anniversaire de l'armistice, que cette fleur fait son entrée au cimetière lorsque Raymond Poincaré, alors Président de la République, demanda aux français d'aller fleurir les tombes des soldats morts pour la patrie.

Avec le temps, cette fleur est devenue la plante traditionnelle de la Toussaint.

« Fleurir la tombe est un geste d'hommage. »

Rédigé par Yves de Saint Jean

Publié dans #patrimoine

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J
Peuple du silence,
dans la pénombre, inaccessible,
Subsistent votre absence
Et vos ombres invisibles.

Etres de lumière
Qui hantent nos prières,
Vos corps désagrégés
engendrent notre sang vivifié.

Même morts, amoureusement enfouis,
Ici encore, pieusement, votre étoile luit.

Lors de cérémonies annuelles,
Que jalonnent des rituels,
Se croisent nos mondes parallèles
fragiles dialogues, devenus virtuels.

Pourtant, l’amour rassemble ;
En tous temps, toujours ensemble.

Toutefois désormais séparés
Par le malheur et la fuite des années,
Cède souvent la douleur, peu à peu dispersée
Par l’incessant labeur routinier
Et une fausse douceur de bonheurs empilés.

Ainsi bardés de richesses amassées
Selon un parcours soigneusement sécurisé,
Nous clamons bien fort la joie d’être ici,
Epuisés à repousser les limites de la vie.

Un à un, toutefois, vous vous êtes éclipsés
Confrontés seuls au prix à payer
du sésame de la félicité infinie
promise à ceux qui se sont endormis.

Vous tous emportez l’énigme ultime et son secret
Qui confortent en nous l’espoir de vous retrouver.
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