LIVRES - COUPS DE COEUR

Publié le 15 Mars 2018

 

Cet article n'est pas le début d'une chronique littéraire mais j'ai souhaité vous faire part du plaisir que j'ai eu à lire et maintenant à relire deux ouvrages qui sont devenus mes livres de chevet. Lorsque l'on est attaché, comme je crois l'être, à certaines valeurs de traditions dans une société avide qui privilégie chaque jour davantage le progrès scientifique et technologique dans un monde devenu quasi urbain dominé par les pratiques et processus industriels, ces ouvrages ont le mérite, chacun à leur manière et avec leur style de nous rappeler que le sort de l'homme et de la nature sont étroitement liés et qu'il faut rester humble.

J'encourage les jeunes générations, souvent blasées, insatisfaites, à la vie matérielle artificielle, souvent désorientées par l'éclatement de la cellule familiale et par une évolution trop rapide dont elles profitent sans en apprécier la valeur, à se plonger dans ces ouvrages. Sans doute ne verront-elles plus les choses sous le même angle.

 

Le premier, publié en 1992, a été écrit par Jean Marie Pelt (aujourd'hui décédé) qui fut professeur de biologie végétale et de pharmacognosie à l'Université de Metz et président de l'institut européen d'écologie.

Le second par un forestier allemand qui murmure à l'oreille des arbres, Peter Wohlleben. Il y parle des arbres comme des créatures sociales qui apprennent, vivent, s'entraident, se parlent, à leur façon et souffrent.

 

 

 

« J'ai rencontré Dieu tout petit, sur les genoux de mon grand-père, au fond de mon jardin. 
Avec de telles racines, la vie devait tout naturellement m'amener à l'écologie. Je m'y consacre depuis deux décennies, et j'ai décidé, après ce long parcours, de lire la Bible.
Dans une société qui privilégie le progrès scientifique et technique, dans un monde devenu radicalement urbain, le nomadisme et le ruralisme bibliques apparaissent comme surannés. Pour un jeune, la lecture de la Bible est aussi plate que l'électro-encéphalogramme d'un coma dépassé, aussi insolite qu'un troupeau de manchots à l'Équateur... 
De fait, on aura vite saisi les projets, les valeurs de notre époque sont en opposition avec la Bible. Ces contradictions sont soulignées d'un bout à l'autre de l'ouvrage et chacun comprendra que nous sommes acculés à un choix clair : l'esprit de modernité ou l'esprit biblique, dont on découvrira qu'il est, en fait, on ne peut plus d'avant-garde.
Et c'est ici que la Bible a un message à délivrer à l'écologie, donc à nous tous ; car, pour elle, le sort de l'homme et de la nature sont étroitement liés. Que l'homme s'en éloigne, qu'il malmène la Création et aussitôt celle-ci par une colère, une sécheresse, une pollution, sanctionne ces transgressions.
Au long de ce périple, j'évoque des épisodes ou des personnages de ma propre existence. Ma vie ? Cette histoire étrange, en vérité, commence dans un jardin comme au Paradis terrestre ; puis après la guerre et l'exclusion – le sort commun des émigrés - , suivie du temps de la science triomphante, comme s'il m'avait donné de goûter à l'Arbre de la connaissance du bien et du mal. Mais je ne me souviens pas du goût du fruit défendu. A moins que oui, sans doute est-ce cela … » Jean-Marie Pelt

 

 

 

« Dans cet ouvrage qui se lit comme un roman, on y découvre que la forêt est une communauté qui a ses règles et qui fonctionne en harmonie depuis la nuit des temps... pour peu que l’Homme ne vienne pas tout perturber.

On y apprend également que les arbres ont une vie communautaire structurée. La forêt a une capacité d’adaptation surprenante où les espèces ne vivent pas en autarcie : arbres, plantes et animaux se servent les uns des autres. Chaque espèce a des codes de conduite et de développement très stricts et nous n’en sommes qu’aux balbutiements en matière de connaissance de l’environnement forestier. L'auteur, Peter Wohlleben, garde forestier allemand, présente dans cet ouvrage le fruit de son expérience : les arbres, comme les êtres humains, ont une véritable vie sociale, basée sur l’apprentissage, l’entraide et les souvenirs. Ils communiquent entre eux, respectent ceux qui étaient là avant eux et se préviennent d’éventuels dangers. Après cette découverte, votre promenade dans les bois ne sera sans doute plus tout à fait la même. »

Rédigé par Yves de saint Jean

Publié dans #patrimoine

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D
oui, c'est un très beau voyage que vous nous avez permis de faire à travers les Vaux du Loir,
à chacun des épisodes fort bien relatés et documentés à partir des écrits laissés par Ardouin-Dumazet qui nous apprennent beaucoup sur le territoire, continuez ! merci,
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Bonjour
merci.
j'ai trouvé que cette vision des vaux du loir au début du XXème siècle était intéressante et montrait à quel point nous avons perdu d'industries. C'est valable aussi pour d'autres régions qu'il a visité. J'ai trouvé que son écriture un peu fleurie était agréable et montrait une grande culture.
C'est un grand travail mais ça vaut le coup.
Avec mes amitiés
Yves