AU FEU A CHENU

Publié le 13 Septembre 2019

 

Ce matin là Jupiter, Zeus et tous les dieux de l'orage et du tonnerre se donnèrent rendez-vous sur les Vaux-du-Loir.

De Château-du-Loir à la Chapelle-au-Choux les feux du ciel se déchaînèrent et la campagne n'était que fureur et tempête.

Un éclair plus violent que les autres et l'énorme boule de feu de la foudre vint frapper de toute sa puissance destructrice le pignon d'un des bâtiments de la ferme de la « Fredonnière » abritant dépendances, écuries, étable, grenier à foin et chambre du commis.

 

Le tocsin retentit au clocher du village et il ne fallut que quelques minutes aux pompiers de Chenu sous la conduite de l'adjudant Lepron pour arriver sur les lieux du sinistre.

Le vent de l'orage activait les flammes qui trouvaient dans le foin sec un aliment de choix.

Les époux Léon, fermiers de la Fredonnière, n'eurent que quelques minutes pour évacuer du brasier les trois chevaux, un taureau et un veau.

En l'espace de quelques minutes 50 tonnes de fourrage, les harnais, le matériel agricole et le mobilier du commis étaient transformés en une énorme torche.

Un ciel d'ardoise, le crépitement des flammes, les roulements de tonnerre et les éclairs qui zébraient le ciel dessinaient un paysage apocalyptique.

De toutes parts on accourait pour prêter mains fortes et tenter de sauver ce qui pouvait l'être.

 

 

* Manque d'eau

 

Constatant l'importance de l'incendie, on fit appel aux pompiers de Couesmes et de Saint-Aubin sous la conduite du lieutenant Juton et de l'adjudant Brizard.

Puis l'eau vint à manquer. L'étang de Chérigny  beaucoup trop loin de l'incendie ne pouvait apporter aucune aide efficace et rapide.

On appela en renfort la caserne de Château-la-Vallière avec à leur tête le lieutenant Chignard.

Mais ce n'est qu'avec l'arrivée des sapeurs-pompiers de Château-du-Loir et de leur précieux camion moto-pompe que l'on put entamer une lutte efficace contre le brasier.

Il fallut près de 2 heures d'effort pour le soumettre et sauver les bâtiments d'habitation distants de seulement une dizaine de mètres.

 

Puis le vent cessa de souffler et la colère des dieux célestes franchit les collines et les forêts vers d'autres vallées. Était-ce dû aux prières de l'abbé Fouqueret ancien desservant de la paroisse ? Allez savoir.

Messieurs Pellerot, Durand et Fefeu respectivement maires de Chenu, Saint-Aubin et vétérinaire vinrent à la fois constater les dégâts et apporter soutien et réconfort aux malheureux fermiers. Malgré leur frayeur, les animaux étaient sains et saufs.

 

Le préjudice subi par les fermiers et le propriétaire le vicomte Foy, maire de Couesmes, en voyage au moment de l'incendie, fut estimé à quelques 5 millions de francs.

 

 

* Il y a 63 ans

 

Ce tragique événement qui fort heureusement ne fit aucune victime, est arrivé il y a 63 ans. Il est relaté dans un article sur 3 colonnes avec deux photos dans la rubrique « La Vie Mancelle » de « La Nouvelle République » des samedi 11 et dimanche 12 août 1956.

J'avais 8 ans. J'étais chez Louis et Marceline et je me souviens parfaitement des cloches du tocsin.

 

J'ai retrouvé cet article en faisant du rangement dans un tiroir de l'établi de Norbert, mon père.

Il était plié avec d'autres articles de journaux et divers papiers dont certaines petites histoires communales croustillantes que je m'abstiendrais de publier...!!!

 

 

 

Rédigé par Yves de Saint Jean

Publié dans #patrimoine

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L
Je me rappelle très bien que mon père est rentré sur Chenu à l'occasion de cet incendie.
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