MARS, PRINTEMPS ET PRIMEVERE

Publié le 25 Mars 2020

 

 

« Je suis noble Mars florissant

Très gentil et très vertueux ;

Et moy vient bien fructifiant

Car je suis large et plantureux,

Et Karesme le glorieux

Est en mon règne, si vous dis

Que suis en mon temps vigoreux

Pour avancer tous mes amys. »

Grand kalendrier des bergers , XVIème siècle.

 

 

 

 

 

La sève remonte dans les troncs, les bourgeons restés fermés durant tout l'hiver s'ouvrent et de nouvelles feuilles d'un vert tendre font leur apparition.

Les fleurs commencent à développer leurs corolles, le soleil brille, les jours se lèvent plus tôt, les oiseaux chantent et commencent à rechercher le nid pour leurs compagnes, dans le rucher, la Reine se réveille et se remet à pondre, le ciel est plus bleu, les hirondelles vont bientôt arriver.

Mars et le printemps viennent de pointer le bout de leur nez.

 

 

 

 

Affublé du nom du dieu de la guerre dans la mythologie romaine, Mars était fils de Jupiter et de Junon.

A Rome, le dieu Mars était représenté sous la forme d'un solide guerrier. Le coq, symbole de vigilance, lui était consacré.

On sacrifiait des loups sur les autels et l'homme de Lettres, poète et pédagogue gallo-romain, Ausone (Decimus Magnus Ausonius), place auprès de lui « un bouc pétulant, une hirondelle qui gazouille, un vase plein de lait qui, avec l'herbe verdoyante, annoncent le retour du printemps. »

 

Mars, mois où naît le printemps « estoit le premier mois chez les romains » rappelle l'abbé Antoine Furetière, qui ajoute « qu'on en use encore ainsi en quelques supputations ecclésiastiques ». Ce ne fut, en fait, que depuis l’Édit de Charles IX en 1564, précise l'abbé, romancier, lexicographe et encyclopédiste avant la lettre « qu'on a commencé, en France, à compter l'année par le mois de janvier. »

 

Avant l’Édit de 1564, l'année s'ouvrait bel et bien au mois de mars et le « prins tans » (premier temps), nom apparu au XIIème siècle en faisait la toute première saison ainsi que le définit le « Grand Robert » : « la première des quatre saisons, qui va du 21 mars au 21 juin dans l'hémisphère nord. »

 

« Quand on entend l'hirondelle

Avec le premier beau jour,

Du printemps qui la rappelle

Annoncer l'heureux retour ;

Tu fleuris, ô primevère

Au sein du naissant gazon,

Et tu sers de messagère

A la nouvelle saison. »

 

 

 

 

Primevère

 

Mais ce « prins tans » issu du latin « primus tempus », n'était pas le premier terme. « Prime vere » était la formule initiale la plus courante pour cette saison.

« A l'hyver transi succède la douce primevère » écrit au XVIème siècle le poète français né à Tournai, Louis Des Masures dans son « David Triomphant » et notre grand jardinier Olivier de Serres ne manquait pas de donner un conseil utile aux gens de la terre : « En la primevère et jusqu'au mois de mai, peut-on bien aussi semer de la graine... »

 

 

 

 

C'est au masculin que le « primevere » s'impose en tant que première saison avant qu'au XVIème le « printemps » ne prenne la relève et que la primevère découverte par le célèbre médecin et botaniste flamand de langue française Charles de l’Écluse ne désigne définitivement la sorte de fleur des prés, des talus, des bois clairs qui fleurit en février-mars-avril que l'on nomme coucou ou herbe de saint Paul et toutes ces sauvageonnes qui émaillent de leurs corolles jaunes ou rose pâle les pelouses et les bordures de nos jardins.

 

Elles ouvrent le bal des floraisons puis s'effaceront pour réapparaître plus nombreuses chaque fin d'hiver pour un nouveau printemps.

 

 

 

Mars 2020 

Un printemps au goût bizarre ?

Prenez soin de vous !

 

 

Rédigé par Yves de Saint Jean

Publié dans #Potager de Saint Jean

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